Faut-il choisir entre « la mort dans la vie » ou « la vie dans la mort » ?

On ne peut parler de fin de vie sans imaginer celle de l’être sur terre qui compte le plus pour nous. Nous ne parlerons donc pas, dans cet article, des « autres », ces « indéfinis » qui remplissent les statistiques mais plutôt de notre précieux conjoint, enfant ou parent qui pourrait à tout moment être concerné par les décisions qui font l’objet de cette réflexion. Par ailleurs, réfléchir sur ce thème implique d’y penser aussi pour soi. Or, on le sait : « est maître des lieux celui qui les organise » et dans le domaine de la fin de vie, mieux vaut y penser à l’avance.

L’éthique, prophétesse du bien et du mal ?

Avant d’engager de telles réflexions sur la fin de vie, il importe de savoir sur quelles bases nous nous situons et au final, qui parle ? Est-ce au nom de l’éthique que nous réfléchissons ici ? Mais quelle éthique alors ? Car il ne suffit pas de se vêtir d’un nom pour être compétent. Qui est suffisant pour déclarer, sans repères éternels, ce qui est bien et ce qui est mal en ce qui concerne la vie ? Le premier péché de l’homme n’est-il pas lié précisément au fait de vouloir connaître le bien et le mal en dehors de toute dépendance à « ce que Dieu dit » ? Voilà pourquoi il nous faut prendre garde à l’origine de la voix qui nous parle.

Avant de disséquer des sujets aussi brûlants que ceux du suicide assisté, de l’euthanasie ou de l’acharnement thérapeutique, il est nécessaire de savoir quel outil nous tenons effectivement en main pour ouvrir la chair de la réflexion sur ce qui vit. Car parler de la fin de vie, c’est parler du vivant, aussi faible soit-il.  Aussi, toute « éthique » qui voudrait péremptoirement déclarer ce qui est bien et ce qui est mal sans accepter le joug doux et léger de la Parole faite chair, risque d’être une conseillère dangereuse qui, sous couvert de pensées bienfaisantes, nous inoculera le poison pernicieux de l’indépendance vis-à-vis de Dieu, et c’est précisément de cela dont nous devons avant tout guérir.

L’apôtre Jean, témoin patient de la fin de vie du Christ, constate que « les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière », ce qui implique que les paradigmes éthiques ne peuvent résolument pas être les mêmes entre le monde et son Créateur. On est en droit de se demander d’ailleurs si l’éviction des « religieux » du Comité National d’Éthique, fin septembre dernier, ne procède pas d’une volonté de « libération » sociale et sociétale sur les questions debien et de mal ? L’unanimité étant recherchée pour apaiser « la conscience de l’État », celui-ci ne l’obtiendra qu’en se séparant de conseillers jugés encore trop « dépendants » de « ce que Dieu dit ».

Le sens des mots bouleverse le sens de la vie

Cette mise en garde étant faite, « le tragique de l’action » est bien réel pour celles et ceux qui accompagnent professionnellement les personnes en souffrance. Tôt ou tard, nous devrions, nous aussi, être confrontés à une « décision de fin de vie » : la nôtre ou celle d’un proche et cette décision relèvera bel et bien d’une question de vie ou de mort. La pression familiale ou médicale nous demandera peut-être si nous ne souhaitons pas « abréger les souffrances » de l’être que nous chérissons tant et nous risquons d’être bien seuls pour décider. De plus, pour accentuer cette attente tragique de l’action, l’invitation nous sera certainement faite au nom du «courage », de la « dignité » et parfois même de « l’amour », comme si, au final, ne pas suivre ce conseil déguisé sous forme de proposition, allait faire de nous des personnes pleutres, indignes et égoïstes, marginales à l’égard des codes sociaux. Boire la ciguë d’une décision qui nous coûtera toujours, c’est cela le « tragique de l’action », sauf qu’il « n’y a rien en celui qui aime, qui puisse l’entraîner dans l’erreur ».

Pour le moment, la France résiste à la pression du lobby ADMD qui milite pour « autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de (…) personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ». En France, tuer un malade reste encore un crime sur le plan pénal et une interdiction sur le plan médical. Comment d’ailleurs un juge pourrait-il savoir si la demande du malade est pleinement et réellement dépourvue de toute pression extérieure, familiale ou sociétale ? En outre, comme le souligne très justement leProfesseur Chardot, comment éviter, « si on dépénalisait la mort donnée sur demande », que les plus faibles « ne se sentent moralement obligés de décharger de leur poids considéré comme inutile, les proches et la société » ?

le Festival d’Erbalunga

le Festival d’Erbalunga est devenu un événement incontournable de la vie estivale insulaire. La qualité de la programmation, des bénévoles passionnés, l’ambiance chaleureuse, ont permis d’accueillir un public toujours plus nombreux. Le Festival d’Erbalunga se propose de renouveler ce défi. Les artistes qui se produiront cette année sur la scène de l’amphithéâtre ont été choisis pour leur répertoire original et coloré. Chanteurs et musiciens sauront, nous le parions, vous emporter dans leur univers. L’association culturelle de Brando vous donne donc rendez-vous pour trois soirées dédiées à la musique et à la fête les 9, 10 et 11 août. Ils nous ont rendu visite… Ces 20 dernières années, des dizaines d’artistes prestigieux tels qu’Alexandre Lagoya, Michel Legrand, Baden Powell, Zazie, … ont donné rendez-vous à un public de plus en plus nombreux au Festival d’ Erbalunga. 2006 Antoine Ciosi Louis Bertignac Philippe Lafontaine 2007 Michel Jonasz Michel Delpech Jean Paul Poletti et le Choeur de Sartène 2008 Stanislas Julie Zenatti Véronique Sanson Maxime Le Forestier I Muvrini 2009 Patricia Kaas Glenn Hugues (ex.Deep Purple) Thomas Dutronc Patric Bruel 2010 Renan Luce Olivia Ruiz Calogero 2011 Raphaël Zaz Ben l’Oncle Soul Francine Massiani Roberto Alagna

Adopter l’énergie de demain Salon solaire, une première

Du 27 au 29 juin, l’Institut national de l’énergie solaire lance un événement grand public et gratuit au bord du lac du Bourget.

Une course d’engins futuristes qui roulent au solaire, un étonnant réfrigérateur à glace, des bateaux silencieux qui eux aussi fonctionnent grâce aux rayons du soleil… ou encore un avion qui a l’ambition de faire le tour du monde sans carburant.
Des réalisations
concrètes
Cette première édition du Solar Event a la particularité d’étonner, de montrer que ces inventions ne sont pas les projets de quelques savants illuminés, mais des réalisations concrètes qui ont parfois déjà trouvé une utilisation dans la vie quotidienne. Il suffit de visiter la maison « Construisons demain » pour s’en convaincre. Sur une surface de 250 m2, on s’aperçoit que chacun peut adopter les énergies renouvelables chez soi en intégrant panneaux solaires, chauffage au sol ou éclairage naturel dans la conception architecturale de son habitat.
Le Solar Event s’organise en plusieurs séquences et pavillons qui présentent les technologies existantes dans le domaine du solaire, en donnant une large part au conseil. Le salon Solaire et Bâtiment accueille près de 70 professionnels venus de toute la France : installateurs, fabricants, distributeurs d’énergie, bureaux d’études, institutions et partenaires économiques pour informer les visiteurs sur les installations solaires, thermiques et photovoltaïques dédiées à l’habitat.

Une énergie abondante et bon marché

« C’est une opportunité à ne pas manquer pour découvrir les usages multiples de cette énergie abondante et bon marché, les protagonistes de cette filière émergente, les matériels les plus innovants et les expérimentations en cours », résume Vincent Jacques Le Seigneur, commissaire général du Solar Event.
La manifestation a l’ambition d’acquérir une dimension internationale et de devenir le rendez-vous incontournable des professionnels du solaire. L’Association Européenne des Industriels du Photovoltaïque (EPIA), en choisissant la France et le Solar Event pour tenir son colloque annuel, montre d’ailleurs l’intérêt qu’elle porte à cette initiative de la Savoie, premier département français dans le domaine de l’énergie solaire. À l’heure où le prix du baril de pétrole s’envole, le Solar Event devrait attirer un large public. Souhaitons que le soleil, lui-aussi, réponde présent à l’invitation !
www.solar-event.com/

Menaces sur les structures médicales

SOS Médecins connaît des difficultés d’effectifs. Pourquoi le dispositif est-il en danger ? Analyse et conséquences.

Comme une épée de Damoclès qui flotte au-dessus du secteur de la santé chambérien. SOS Médecins Chambéry connaît de sérieux problèmes de recrutement. La situation est devenue telle que SOS Médecins pourrait cesser son activité dans les mois à venir. S’il disparaît, c’est évidemment une partie du dispositif de santé de la ville qui sera affectée. Et les conséquences seront difficiles à gérer pour les médecins, certes, mais surtout pour les habitants, patients potentiels.

Effet domino

L’organisation de la permanence de soins est complexe, mais le constat est édifiant. Si SOS Médecins disparaît, seulement deux structures médicales pourront assurer les interventions nocturnes en semaine : le SAMU et les pompiers. Cette situation va engendrer de multiples conséquences et il faudra s’attendre à un inévitable engorgement des urgences de l’hôpital de Chambéry. Mais également des interventions ingérables du SAMU et des pompiers ou à la possibilité d’envoyer des ambulances privées qui feront certainement exploser les budgets de la Sécurité sociale. Autre souci, toutes les consultations en soirée vont se répercuter sur la maison médicale de garde, une structure ouverte le soir. Il ne sera pas bon de tomber malade à Chambéry car la patience sera de mise avant qu’un professionel vous prenne en charge, puisqu’il n’y a qu’un médecin permanent pour assurer l’activité de cet établissement. Selon Jean-Louis Vangi, secrétaire général de l’Ordre des médecins de Savoie, des changements sont à prévoir : « Les patients ont déjà changé leurs habitudes et ils devront continuer à s’adapter ». Le Dr. Habold, chef du SAMU départemental estime une augmentation d’appels, de l’ordre de 80 par nuit. Il explique : « SOS Médecins est le seul organisme qui permet les visites médicales de nuit. S’il ferme, nous pourrions répondre de deux façons différentes : demander aux personnes malades de se rendre aux urgences ou leur conseiller de prendre un médicament et d’aller chez leur médecin le lendemain. » L’alternative aux médecins de nuit se résumerait donc à du conseil médical.

Un dispositif qui s’effondre

Le problème de SOS Médecins n’est malheureusement qu’un exemple de l’effondrement d’un dispositif. L’organisme n’arrive pas à remplacer cinq départs récents. Actuellement, l’équipe est composée de trois médecins titulaires et quelques remplaçants et collaborateurs. Il y a encore quelques années, ils étaient huit médecins permanents. « Et on recherchait encore du monde » admet le Dr. Esnault, président de SOS Médecins Chambéry. Aujourd’hui, il est conscient que la situation est grave : « Nous avons effectivement des difficultés de recrutement et l’avenir de SOS Médecins est engagé. Mais c’est bien la permanence de soins de la ville qui prendrait un coup. » Un avis partagé par Jean-Louis Vangi : « Si SOS Médecins disparaît, c’est tout le dispositif qui boitera ». Pour le moment, pas d’ultimatum fixé pour mettre la clé sous la porte, même si le rythme éprouvant du métier fait penser au Dr. Esnault que le dispositif pourra tenir ainsi jusqu’au printemps 2009.
Comment en est-on arrivé là ? Le numérus clausus (le nombre d’étudiants admis dans un cursus chaque année) dans les facultés de médecine est trop strict et entraîne une baisse du nombre de médecins en France. Ces problèmes ne datent pas d’hier. Le Dr Maillard-Vernet, présidente de l’Association de Médecine d’Urgence de la Région Chambérienne se souvient : « Lorsque j’étais en fac de médecine en 1983, on manifestait déjà pour signaler des futurs problèmes de démographie médicale». Autant de dossiers qui en font un problème national. Aussi, d’autres centres SOS Médecins ont déjà fermé en France et l’établissement de Paris vient de faire appel à un cabinet de recrutement pour tenter d’inverser la tendance. Le dispositif est donc en train de s’effondrer et d’autres structures médicales vont suivre, assure le président chambérien de SOS Médecins : « Les généralistes ou encore les médecins de montagne connaissent aussi des difficultés. Le problème est donc général et nous sommes les premiers touchés ». Le Dr. Maillard-Vernet est pessimiste : « Les dix années à venir risquent d’être difficiles ».
La solution pour régler le problème est sans doute entre les mains des pouvoirs publics : le gouvernement et la Sécurité sociale. Autre possibilité, mais elle est peu fondée : la réquisition possible par le préfet, des médecins généralistes du département en cas de crise. En attendant, si le schéma se confirme, une nouvelle organisation sera nécessaire et elle concernera tous les acteurs du secteur de la santé à Chambéry : SAMU, pompiers, médecins généralistes, médecins régulateurs, mais aussi les patients, c’est à dire nous tous.

Clipsol vendue à GDF

À Aix-les-Bains, le concepteur et fabriquant historique de capteurs solaires thermiques vient de signer un accord avec Gaz de France.

« L’accord a bien eu lieu, nous allons bientôt communiquer conjointement avec notre partenaire GDF » explique André Jean, pionnier du solaire en France, fondateur et dirigeant de Clipsol. Cet accord récent intervient après un lobbying fort, depuis plusieurs mois, des élus du Conseil général de la Savoie et de hauts fonctionnaires auprès du cabinet de Christine Lagarde, ministre des Finances. Épilogue d’une négociation qui aurait duré tout l’été. Les réseaux savoyards ont bien fonctionné, avec une implication forte de Jean-François Cirelli, pdg de GDF-Suez, qui est originaire de Savoie : sa mère vit toujours au Viviers-du-Lac. Cirelli a également été camarade de promotion à l’ENA d’Hervé Gaymard, président du Conseil général.

« Clipsol représente le fer de lance de notre projet sur le développement du solaire. C’est aussi 135 emplois concernés, nous ne pouvions pas laisser disparaître le fleuron de cette industrie » explique une source proche des collectivités. Un sauvetage d’autant plus nécessaire après le fiasco de l’entreprise cotée en bourse Cervin, autre étendard du business du solaire en Savoie (La Vie nouvelle du 2 octobre 2008).

En créant sa société il y a près de 30 ans alors que le solaire était encore vu comme une utopie, André Jean a tenu bon, passant outre les modes et malgré des difficultés financières à répétition. À sa création en 1979, Clipsol a bénéficié de l’engouement du marché pour le solaire des années 80. Lorsque l’intérêt pour l’énergie solaire retombe après le second choc pétrolier,  André Jean garde le cap, certain du regain à venir de cette énergie renouvelable : « J’étais sûr que cela repartirait. Heureusement, je ne savais pas que ce serait si long à redémarrer. ».  Durant ces années difficiles, Clipsol consacre toute son énergie à la recherche et au développement et met au point, en particulier, le système de chauffage solaire le plus performant du marché européen : Plancher Solaire Direct. En 2000, grâce au plan soleil mis en place par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), le marché redémarre et le chiffre d’affaires ainsi que les effectifs de Clipsol connaissent alors une forte croissance :  « Notre carnet de commandes est plein mais nous subissons des difficultés financières » expliquait André Jean le 6 septembre dernier devant l’incendie accidentel de la concession Clipsoleil de Voglans, une succursale à destination des particuliers.

Une croissance importante, des investissements en recherche et développement trop longs à rentabiliser, Clipsol aurait été victime d’une crise de croissance.  D’après des cadres de l’entreprise, le fabricant savoyard a eu à subir de fortes tensions de trésorerie. « Dans le contexte actuel de crise financière, ce manque de liquidités aurait pu être fatal à l’entreprise » explique un spécialiste qui continue « L’intervention de GDF va redonner l’oxygène indispensable à Clipsol ». D’une entreprise familliale artisanale, Clipsol s’affirme désormais dans une logique purement industrielle. L’entreprise recrute en ce moment un directeur général et selon nos informations, dans le cadre de cette négociation, André Jean aurait obtenu la garantie d’être maintenu à un poste en recherche et développement. La spécialité de Clipsol, qui lui a assuré sa renommée, son sérieux, mais pas la fortune.

Michael Iochem et Delphine Adorjan

Suite à notre article « GDF rachète Clipsol » paru dans la précédente livraison de votre hebdomadaire, André Jean, le pdg de cette entreprise savoyarde demande un droit de réponse par mail que nous lui accordons ci-après :

Entreprise :
Pour accélérer et consolider sa croissance,

Clipsol ouvre son capital à GDF-SUEZ

Le spécialiste savoyard du solaire, concepteur et fabricant historique de matériels solaires pour le bâtiment vient de procéder à une augmentation de capital, devenue indispensable pour devenir un leader en Europe.

André Jean, Président Directeur Général de CLIPSOL, suite à la parution de l’article intulé « CLIPSOL vendue à GDF dans le numéro 1325 du 23 octobre 2008 de la Vie Nouvelle, tient à apporter les précisions suivantes ; contrairement à ce qui a été écrit : CLIPSOL n’a pas été vendue à GDF.

CLIPSOL a procédé à une levée de fonds au terme de laquelle le nouvel actionnaire, GDF-SUEZ, possède 51% du capital alors que les actionnaires précédents (principalement la famille d’André JEAN) conservent leur participation, désormais à hauteur de 49%.

Les enfants et l’épouse d’André JEAN continuent d’exercer leur fonction, tandis qu’André JEAN deviendra prochainement Président du Comité Stratégique tout en assumant un poste de direction.

CLIPSOL a retenu l’offre de recapitalisation proposée par GDF-SUEZ plutôt que d’autres du fait de son partenariat actif avec Gaz de France depuis 1997 : l’intérêt porté par ce groupe pour les travaux de recherche et développement de CLIPSOL ainsi que pour une vision partagée et pragmatique sur le rôle de l’énergie solaire dans le bâtiment ont été décisifs dans ce choix.

Exposition Maurice Novarina, un architecte dans son siècle

L’Espace Malraux accueille jusqu’au 16 juillet 2008 une exposition réservée à l’un des plus grands architectes français du siècle.

Depuis le 22 mai, la galerie de l’Espace Malraux rend hommage aux travaux de Maurice Novarina.
Depuis septembre 2007, et pour célébrer le centenaire de sa naissance, une exposition de grande envergure a été initiée dans toutes les villes de la région qu’il a marquées de son empreinte.
Longtemps visible à la Maison des Arts de Thonon-Évian (une de ses constructions et qui renferme d’ailleurs une galerie éponyme), l’exposition est désormais en résidence à l’Espace Malraux de Chambéry. Cette rétrospective nous montrera une partie des nombreuses constructions dont il a été l’architecte référent : plus d’une trentaine d’édifices religieux, des bâtiments administratifs, culturels, des établissements scolaires, des équipements routiers et industriels, etc. Dans notre région, on lui doit l’Hôtel de ville de Grenoble, le Palais de Justice d’Annecy, le Palais des sports de Megèves, l’église Saint-Simond à Aix-les-Bains, le Centre culturel Bonlieu à Annecy et bien d’autres. Né en 1907 à Thonon-les-Bains et décédé dans la même ville en 2002, Maurice Novarina est issu de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Il est aussi ingénieur des travaux publics avant d’être architecte. En 1933, il débute sa carrière en tant qu’urbaniste, il enseignera aussi à l’École spéciale d’Architecture.
Maurice Novarina aura été le premier architecte « régional » à bénéficier d’un rayonnement national, voire mondial. Il a été élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1979. Le style de Maurice Novarina mêle architecture et arts plastiques. L’exposition retrace l’histoire de sa carrière, riche et diversifiée. La liste de ses réalisations est longue, et témoigne d’un ample réseau de commanditaires, d’entrepreneurs et d’artistes.
Sa carrière remarquable illustre l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme du XXe siècle, non seulement à l’échelle régionale de la Haute-Savoie mais à travers le territoire national puisqu’il a été, entre autre, architecte de la Reconctruction en Normandie. Entre régionalisme et modernité, ingénierie et artisanat, l’oeuvre de Maurice Novarina est à découvrir.

Exposition Maurice Novarina
Espace Malraux – Jusqu’au 16 juillet 2008
Conférence le mercredi 21 mai à 18h animée par Gilles Novarina, directeur de l’Institut d’urbanisme de Grenoble et de Carine Bonnot, architecte doctorante, CAUE de la haute-Savoie.
Exposition conçue par le CAUE, Conseil d’Architecture, d’urbanisme et de l’Environnement de la Haute-Savoie, en lien avec les CAUE de la Région Rhône-Alpes et réalisée par LE 188 (conception et graphisme).

La permanence de soin, comment ça marche ?

Pour bien comprendre ce qu’il se passe, il faut expliquer le fonctionnement et l’organisation du secteur de la santé de Chambéry : SOS Médecins est une société indépendante et libérale dont la mission est d’intervenir toute l’année, 7j/7, 24h/24 aux domiciles des malades. Il existe dans le même schéma, le fameux SAMU ou encore les pompiers qui interviennent partout toute l’année. Quand vous appelez le 15, c’est le médecin régulateur qui choisit le vecteur qui sera envoyé : SOS Médecins, SAMU, pompiers, ou bien les médecins généralistes… Il y a aussi à disposition des patients une maison médicale de garde (MMG) installée au sein du centre hospitalier de Chambéry. L’activité de cet établissement est assuré par l’alternance de médecins généralistes chambériens dont le planning de gardes est organisé par l’AMURC (Association de Médecine d’Urgence de la Région Chambérienne). Problème : le médecin de la MMG (car il n’y a qu’un médecin par garde) ne se déplace pas et les consultations s’effectuent à la « Maison » tous les soirs de 20h à minuit en semaine, de 14h à minuit le samedi et de 8h à minuit le dimanche. Pour la présidente de l’AMURC, le Dr. Maillard-Vernet, le problème est réel : « Je ne sais pas encore comment nous allons nous organiser. Il faudra trouver des solutions pour amener les patients dans les MMG, par exemple avec des taxis ou des ambulances, mais des difficultés budgétaires suivront ».

venue de Laurence Parisot

Jacques Thimon explique les raisons de la venue de Laurence Parisot en Savoie « Prendre le pouls de la Savoie »

Président du Medef Savoie depuis l’automne 2007, Jacques Thimon fait venir la médiatique et charismatique présidente nationale de cette organisation syndicale patronale.

La Vie nouvelle : Votre objectif en prenant la présidence du Medef Savoie ?
Jacques Thimon : Rassembler les entrepreneurs en Savoie ! Qu’ils soient de toutes petites entreprises, des moyennes ou des grandes. Pour que l’on puisse parler d’une seule voix vis-à-vis des politiques, de tous les organismes. Il y a toujours eu un consensus entre les TPE, les PME, les grandes entreprises et les pouvoirs politiques. Jusqu’à présent, tous arrivaient à discuter, à se mettre d’accord. Cela a fait la richesse et la force de la Savoie. Je prends un exemple. Dans les années 70, le PIB élevé de la Savoie c’était grâce à l’industrie, qui était extrêmement forte. Depuis, nous avons vécu une véritable mutation et les autres branches se sont développées. Contrairement à d’autres territoires en France, personne n’a été laissé sur le carreau. Nous avons été portés par l’or blanc, évidemment, mais nous avons aujourd’hui la chance d’avoir une épine dorsale qui reste l’industrie. Ensuite, on a des secteurs très forts comme le BTP, les transports, l’agroalimentaire, le tourisme, évidemment. Or, ce qui est important, c’est de maintenir cette cohésion pour toutes ces activités professionnelles, qui n’ont pas pas forcément les mêmes points de vue, ce qui implique le dialogue avec les autres organismes syndicaux, et les entrepreneurs. Nous sommes un petit département – moins grand qu’un arrondissement de Paris – par contre on a une grande diversité, nous n’avons donc pas le droit de ne pas nous entendre.
Notre mouvement ne demeure pas éloigné des réalités terrain.

LVN : Pourquoi faire venir Laurence Parisot en Savoie ?
JT : Dans un mouvement, on essaie tous d’avoir un leader. Nous avons la chance d’en avoir un qui présente de grandes qualités et il y a plusieurs sens à cette visite. Certes nos instances gouvernantes sont toutes à Paris. De ce fait, beaucoup de  négociations se font dans des salons de la capitale, loin du terrain. Dans un pays aussi centralisé que la France, le Medef joue la carte de la proximité à travers ses structures territoriales et Laurence Parisot par sa présence en province démontre ainsi que notre mouvement ne demeure pas éloigné des réalités terrain. Deuxième chose, la Savoie a des spécificités qui sont très importantes dans les négociations qui sont  en court et qui vont démarrer cet automne pour les partenaires sociaux. Nous devons les faire ressortir afin qu’elle comprenne nos positions. Je prends un seul exemple : le problème des saisonniers. Il ne se pose pas dans tous les départements. La Savoie est l’un des plus importants pour les saisonniers. Certains travaillent dans une branche l’hiver et dans une autre l’été. Dans un contexte de renégociation de la convention UNEDIC il faut venir prendre le pouls de ces aspects typiques de notre économie.

En Savoie on a une tradition
de producteur d’énergie renouvelable

LVN : Pourquoi ce thème du développement durable ?
JT : Car nous avons là aussi une spécificité dont nous pouvons être fiers. Tout d’abord, on oublie parfois qu’en Savoie on a une tradition de producteur d’énergie renouvelable avec l’hydro-électricité. Une tradition perpétuée avec les recherches sur l’énergie solaire à Savoie Technolac et dans les entreprises en pointe sur le département. Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’un thème à la mode, car lorsque l’on réfléchit d’une manière globale, que l’on intègre l’économie et le développement, on tient un raisonnement qui s’éloigne du risque de la récupération pour des intérêts personnels. En effet, pour moi, le développement durable c’est d’abord de penser autrement. Et cela est source de créativité, ce qui donne des opportunités de création d’activité, d’emploi, de profits et donc de  richesse. D’ailleurs, on a quelques très beaux exemples dans le département et on va les montrer. On prouvera aussi que le développement durable s’applique dans tous les domaines : tourisme, transports, industrie, médical, etc.

Créer des relations durables entre écoles et entreprises

LVN : Le deuxième thème de cette visite, ce sont les relations « École/ entreprise ». Pouvez-vous nous en dire plus ?
JT : C’est un thème qui nous tient à coeur. On a la chance, en Savoie, d’avoir beaucoup échangé avec les différents acteurs. Non seulement pour améliorer, mais aussi pour créer des relations durables entre écoles et entreprises.  On anime des actions en collaboration avec l’académie de Grenoble. On est l’un des départements leader dans ce domaine, en particulier dans les classes de troisième et l’option « découverte professionnelle » (DP3). C’est un constat qui a été fait depuis longtemps : on voudrait rapprocher ces deux mondes qui ont divergé ces 50 dernières années parce que les entreprises avaient leurs soucis et parce qu’on avait confié à l’école d’autres missions. À tort ou à raison, ce sont deux mondes qui ne se sont pas parlés depuis longtemps. Nous sommes en train de monter des actions complémentaires, comme par exemple ouvrir les portes des entreprises quelques jours aux étudiants d’IUFM. Ces relations sont excellentes car elles permettent aux enseignants de voir  les sociétés autrement qu’au travers des livres d’Émile Zola.

Le Medef représente majoritairement des PME et TPE

LVN : Le Medef ne souffre-t-il pas d’un problème d’image auprès du grand public ?
JT : Le grand public ne connait le Medef qu’à travers des opérations médiatiques qui véhiculent trop souvent une image brouillée des entreprises. Traditionnellement, l’image du  Medef est associée aux grandes entreprises. C’est un paradoxe. Le Medef Savoie regroupe plus de 2 000 entreprises dont seulement 30 ont plus de 250 employés. Le Medef représente donc majoritairement des PME et TPE. Certes, l’image du patron est trop souvent diabolisée et c’est là que nous devons rendre hommage à Laurence Parisot.  Elle arrive à faire changer l’image du chef d’entreprise et de l’entrepreneur. Elle véhicule le fait que sans entrepreneur il n’y a pas d’entreprise et donc pas d’emplois. « L’entreprise c’est la vie ! L’avenir des entreprises c’est aussi l’avenir de la France » extrait de Besoin d’Air (essai de Laurence Parisot aux éditions du Seuil NLDR). On reproche également au Medef d’être trop politique. Son seul parti est celui de l’entreprise ! Enfin, si vous faites référence aux problèmes rencontrés ces derniers mois par un syndicat professionnel, adhérent de notre mouvement, il faut être conscient que dans la vie d’un mouvement comme le Medef, avec des millions d’acteurs partenaires, c’est comme dans toutes les vies, il y a des moments difficiles. Nous sommes tous des hommes ou des femmes d’entreprise, profondément attachés à ses valeurs, et nous nous sommes donnés, depuis le premier jour, l’objectif  partagé de réconcilier les Français avec l’entreprise. Là, nous venons de vivre un moment difficile qui a eu un avantage ; il nous a permis de remettre les choses au point et de repartir sur de bonnes bases. Nous voulons de l’éthique et de la transparence. Ces mutations, changer les mentalités, ce n’est pas facile mais c’est porteur d’avenir.